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Envie d’entreprendre : est-ce vraiment ton projet… ou celui que tu penses devoir avoir ?

Photo du rédacteur: Roselise MESSE OVONO
Roselise MESSE OVONO
il y a 7 jours
6 min de lecture

Et si tout le monde n’avait pas réellement envie d’entreprendre ?

La question peut sembler évidente.

Pourtant, elle mérite d’être posée.


En France, l’entrepreneuriat occupe une place de plus en plus importante dans les représentations du monde professionnel. Créer son entreprise est souvent associé à la liberté, à l’autonomie, à la possibilité de choisir son rythme, ses clients et la manière dont on souhaite travailler.


Les contenus sur les réseaux sociaux renforcent aussi cette image : reconversion, freelancing, business en ligne, indépendance financière, création de marque personnelle…

L’entrepreneuriat semble parfois être devenu une évolution professionnelle presque naturelle.


Et pourtant, les chiffres racontent une réalité plus nuancée.

Selon une étude Qonto publiée en 2026, un entrepreneur sur quatre en France envisagerait aujourd’hui un retour au salariat.


Dans le même temps, selon une étude OpinionWay pour CCI France réalisée en 2025, 27 % des actifs français envisagent de créer leur entreprise.


D’un côté, des salariés regardent vers l’entrepreneuriat.

De l’autre, des entrepreneurs regardent à nouveau vers le salariat.


Alors une question mérite d’être posée :

Parmi toutes les personnes qui envisagent de créer leur entreprise, combien ont réellement envie d’entreprendre ?


Et combien ont surtout l’impression que c’est ce qu’elles devraient faire ?


L’entrepreneuriat fait rêver… jusqu’à ce qu’on découvre ce qu’il implique vraiment

Il est facile de parler des avantages de l’entrepreneuriat :

  • La liberté.

  • L’autonomie.

  • Le choix de ses horaires.

  • La possibilité de travailler sur un projet qui nous ressemble.

  • La satisfaction de construire quelque chose à soi.


Et tout cela peut être vrai ; d'où l'envie d'entreprendre de beaucoup.

Mais entreprendre, c’est aussi accepter une réalité beaucoup moins séduisante.

Il faut parfois apprendre à vivre avec :

  • l’incertitude ;

  • des revenus variables ;

  • la responsabilité des décisions ;

  • la prospection commerciale ;

  • les périodes creuses ;

  • les démarches administratives ;

  • la solitude lorsqu’on travaille seule ;

  • la nécessité de porter plusieurs casquettes ;

  • les décisions à prendre en permanence.


Même lorsqu’on adore son activité, cette réalité ne disparaît pas.

Elle fait partie du fonctionnement même de l’entrepreneuriat.

Et c’est là que la question devient intéressante.


Est-ce que tu as envie de cette réalité-là ?


Pas seulement de l’idée d’avoir ton entreprise.

Pas seulement de la liberté que tu imagines.

Mais aussi de ce que cette liberté implique au quotidien.


Vouloir être libre ne signifie pas forcément vouloir entreprendre


C’est probablement l’un des raccourcis les plus fréquents.

On peut avoir envie de liberté sans avoir envie de créer une entreprise.

On peut vouloir davantage d’autonomie dans son travail.

Avoir besoin de plus de flexibilité.

Ne plus supporter certaines contraintes de son entreprise actuelle.

Vouloir choisir davantage ses missions.

Chercher un métier plus stimulant.

Ou simplement avoir envie de retrouver du sens dans son quotidien professionnel.


Toutes ces envies peuvent être légitimes sans conduire automatiquement à l'entrepreneuriat.


Parfois, le bon changement consiste à changer d’entreprise.

  • Ou de métier.

  • Ou de secteur.

  • Ou de rythme.

  • Ou de responsabilités.

  • Ou simplement de manière de travailler.


L’entrepreneuriat n’est qu’une possibilité parmi d’autres.


Et si tu avais surtout besoin de changer de cadre ?

Imagine une personne qui travaille depuis plusieurs années dans une entreprise.

Elle se sent épuisée.

Elle n’aime plus son environnement.

Elle manque d’autonomie.

Elle a l’impression de ne plus progresser.

Elle découvre alors des témoignages d’entrepreneurs qui expliquent comment ils ont quitté leur CDI pour travailler à leur compte.

Elle se reconnaît dans leur discours.


Et elle commence à penser :

« Moi aussi, je devrais me lancer. »


Mais lorsqu’on creuse un peu, elle réalise quelque chose.

Elle aime travailler en équipe.

Elle apprécie d’avoir des collègues autour d’elle.

Elle préfère recevoir un salaire fixe chaque mois.

Elle ne se voit pas prospecter.

Elle n’a pas particulièrement envie de vendre ses services.

Elle aime avoir un cadre.

Elle voudrait simplement exercer un métier qui lui plaît davantage et travailler dans un environnement plus sain.

Dans ce cas, créer une entreprise pourrait répondre au mauvais problème.


La vraie question serait plutôt :

« De quoi ai-je réellement besoin pour me sentir mieux dans ma vie professionnelle ? »


La pression de réussir sa carrière autrement

Il existe aussi une dimension dont on parle moins : la pression sociale autour de la réussite professionnelle.


Aujourd’hui, entreprendre peut être présenté comme une preuve d’audace.

Être indépendant serait plus courageux.

Créer son activité serait plus libre.

Construire son propre business serait une forme d’accomplissement.


À force de voir ces représentations partout, il peut devenir difficile de distinguer une véritable envie personnelle d’une envie influencée par son environnement.


Tu peux finir par penser :

« Si je reste salariée, est-ce que je manque d’ambition ? »

« Est-ce que je devrais me lancer moi aussi ? »

« Est-ce que je passe à côté de quelque chose ? »

Pourtant, il n’existe aucune médaille à gagner parce que tu as choisi l’entrepreneuriat plutôt que le salariat.

Et inversement.


Salariat ou entrepreneuriat : il n’y a pas de meilleur choix universel

Certaines personnes s’épanouissent profondément dans l’entrepreneuriat.

  • Elles aiment construire.

  • Décider.

  • Tester.

  • Vendre.

  • Développer.

  • Prendre des risques.

  • Organiser leur propre cadre.

  • Accepter des revenus irréguliers en échange d’une plus grande autonomie.

  • Pour elles, les difficultés font partie du jeu.


D’autres personnes préfèrent un cadre salarié.

  • Elles aiment travailler avec une équipe.

  • Avoir un salaire fixe.

  • Pouvoir se concentrer sur leur métier sans avoir à gérer toute l’entreprise.

  • Bénéficier de congés, d’un cadre collectif, d’une organisation déjà structurée.

  • Et certaines personnes peuvent aimer les deux à différents moments de leur vie.


Il n’y a rien de plus ambitieux à choisir l’un plutôt que l’autre.

Le bon choix dépend surtout de la vie professionnelle que tu souhaites réellement construire.


Avant de créer ton entreprise, pose-toi ces questions

Si tu réfléchis actuellement à l’entrepreneuriat, prends peut-être un peu de recul avant de choisir ton statut ou de commencer à construire ton offre.


Demande-toi :

Pourquoi ai-je envie d’entreprendre ?

Essaie d’aller au-delà de « je veux être libre ».

Qu’est-ce qui t’attire réellement ?

Le projet ?

Le métier ?

L’autonomie ?

La possibilité de choisir tes clients ?

La création ?

La transmission ?

Le potentiel financier ?

Le besoin de sortir d’un environnement professionnel qui ne te convient plus ?


Qu’est-ce que je recherche dans ma vie professionnelle ?

Liste ce qui compte vraiment pour toi.

Par exemple :

  • stabilité ;

  • autonomie ;

  • sécurité financière ;

  • créativité ;

  • reconnaissance ;

  • impact ;

  • flexibilité ;

  • relations humaines ;

  • responsabilités ;

  • variété ;

  • équilibre de vie.

Puis demande-toi si l’entrepreneuriat répond réellement à ces besoins.


Qu’est-ce que je suis prête à accepter ?

C’est une question essentielle.

Parce que chaque choix professionnel comporte des contreparties.

Si tu veux davantage de liberté, quelle part d’incertitude es-tu prête à accepter ?

Si tu veux travailler seule, comment vas-tu gérer le besoin de lien social ?

Si tu veux des revenus plus élevés, quelle énergie es-tu prête à investir dans le développement commercial ?

Si tu veux décider de tout, es-tu également prête à assumer les conséquences de tes décisions ?

Il ne s’agit pas de te décourager.

Il s’agit de choisir en connaissance de cause.


Entreprendre pour de bonnes raisons

Entreprendre peut être une magnifique aventure.

Mais cela devient compliqué lorsque l’entrepreneuriat sert principalement à prouver quelque chose.

Prouver que tu peux réussir.

Prouver que tu es ambitieuse.

Prouver que tu peux être indépendante.

Prouver à ton entourage que tu es capable.

Ou simplement fuir un emploi qui ne te convient plus.

Dans ces situations, le risque est de construire une activité autour d’un besoin qui n’est pas forcément celui que tu cherches réellement à satisfaire.


Et quelques mois plus tard, de te retrouver face à une nouvelle question :

« Pourquoi est-ce que je me suis lancée là-dedans ? »


À l’inverse, rester salariée uniquement parce que tu penses que tu « devrais » l’être n’est pas forcément plus satisfaisant.

Le sujet n’est donc pas de choisir le camp de l’entrepreneuriat ou celui du salariat.

Le sujet est de comprendre ce qui correspond réellement à ton projet de vie et à tes aspirations professionnelles.


Alors, est-ce que tu veux vraiment entreprendre ?

Peut-être que oui.

Et si c’est le cas, tant mieux.

Tu peux commencer à réfléchir à ton idée, ton positionnement, ton offre, ton marché et à la manière dont tu souhaites construire ton activité.


Mais peut-être que ta réponse est différente.

Peut-être que tu veux simplement changer de métier.

Ou retrouver du sens.

Ou travailler autrement.

Ou avoir davantage de responsabilités.

Ou trouver une entreprise qui correspond davantage à tes valeurs.

Ou encore prendre le temps d’explorer avant de décider.

Toutes ces réponses sont valables.


Avant, essaie peut-être de commencer par une question plus simple :

«Est-ce que j’ai vraiment envie d’entreprendre… ou est-ce que j’ai simplement l’impression que je devrais en avoir envie ? »

La réponse pourrait bien changer la manière dont tu envisages la suite de ta carrière.


Et toi, quel projet professionnel veux-tu réellement construire ?


Je suis Roselise, consultante en transition professionnelle et entrepreneuriat.

J’accompagne les femmes qui réfléchissent à une évolution professionnelle, une reconversion ou un projet entrepreneurial, mais qui ont besoin de prendre du recul pour comprendre ce qui leur correspond vraiment.


Parce qu’avant de passer à l’action, il est parfois utile de clarifier la direction.

Si ton projet reste flou et que tu veux y voir plus clair, écris-moi.







*Sources

  • Étude Qonto – 2026, sur les entrepreneurs et leur rapport à l’entrepreneuriat et au salariat.

  • Étude OpinionWay pour CCI France – 2025, sur les intentions entrepreneuriales des actifs français.

 
 
 

1 commentaire


Invité
il y a 6 jours

C'est une réalité. Mieux vaut être sûre avant de se lancer.

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